J’ai lu l’article du Progrès (paru le dimanche 15 juillet) qui met en lumière le manquement de la ville de Chazay d’Azergues en matière de logements sociaux. Ce texte me parle et me touche car fin 2014, nous avons eu affaire à la malhonnêteté de la mairie de Chazay d’Azergues. Laissez-moi si vous le voulez bien vous relater les faits. Depuis cet épisode malheureux pour nous, j’avais envie de dénoncer cela mais je ne savais pas vraiment vers qui me tourner. Grâce à cet article de presse, j’ai trouvé peut-être les bonnes personnes.

Début Octobre 2014, nous avons visité via le constructeur “Demeures Rhône-Alpes” un terrain d’environ 500 m2 dans le lotissement Les Bruyères. Ce constructeur proposait le terrain + construction à un prix très attractif. Le commercial nous a expliqué qu’il s’agissait de terrains “dits sociaux”, ce qui est précisé en clair dans la brochure du lotisseur. La mairie avait, nous a-t-on dit, proposé au lotisseur (ou imposé ?) de diviser certaines parcelles de 900 m2 en deux (à moitié prix…le lotisseur ne perdait donc rien, je suppose). Les conditions d’accès étaient simples : il fallait être primo accédant, et pouvoir bénéficier d’un prêt à taux zéro. 

Je suis surpris que Mr Martinet dans l’article du Progrès parle d’une proposition faite aux bailleurs sociaux concernant ces terrains….

Emballés par le projet, par le sérieux du constructeur et surtout par l’environnement que propose la ville de Chazay, nous avons rapidement réservé le projet, monté un dossier avec le constructeur, obtenu une promesse de vente de la part du lotisseur pour le terrain, planifié le projet jusqu’à la constitution de la demande de permis de construire et obtenu le financement. Nous étions bien sûr éligibles à ce projet. Nos futurs voisins (qui eux aussi accédaient à l’un de ces terrains dits sociaux) en étaient au même point que nous avec le même constructeur, si bien que nos demandes de permis de construire (quasi identiques) furent déposées en même temps à la mairie. 

Le commercial de “Demeures Rhône-Alpes” ne put cependant obtenir le récépissé : un premier retour assez étrange de la mairie mentionnait que nous ne bénéficions pas du prêt à taux zéro; le justificatif était pourtant bien présent. Le constructeur est alors revenu à la charge avec de nouveaux documents. Mais en vain. Après plusieurs tentatives (par téléphone et par mail), nous avons senti que quelque chose bloquait et que surtout on nous prenait pour des imbéciles. Notre demande de permis de construire (ainsi que celle de nos futurs voisins) a finalement été renvoyée au constructeur sans être “véritablement” étudiée, l’adjoint à l’urbanisme nous le lâchera maladroitement plus tard. 

Le constructeur nous a demandé d’aller nous-même à la mairie car il ne pouvait plus rien faire. Nous avons donc rencontré cette personne de l’urbanisme entre deux couloirs qui, d’une mauvaise foi considérable, nous a donné une multitude d’arguments tout à fait contradictoires entre eux : entre autre que “notre dossier n était pas complet”; quand il a vu que nous avions les docs en main propre, “ce sont ces deux terrains qui n’auraient pas dus être débloqués”  etc… Nous avons même pu interpeller Mr Martinet qui sortait d’une réunion. D’une attitude tout à fait hautaine, il nous a clairement dit qu’il faisait ce qu’il voulait sur sa commune, que « ces terrains étaient réservés à des Chazéens ». Encore un nouvel argument… Nous avons alors compris que ces terrains étaient sûrement réservés… à des connaissances? La sélection était déjà faite depuis longtemps… Le lotisseur nous a pourtant affirmé après l’affaire qu’il n avait pas eu de retour de la mairie lors du déblocage de ces parcelles et c’est pourquoi il était passé par un constructeur pour l’annonce. Enfin, et cela n’engage que moi, il s’avère que nos futurs voisins (avortés) étaient d’origine maghrébine. Nos deux dossiers déposés ensemble, le nôtre ne pouvait être accepté, cela aurait été trop louche… Quelle injustice!

Le constructeur, le courtier, la banque et nous-même avons perdu beaucoup de temps. Il est malheureux de voir aujourd’hui que des élus locaux puissent faire preuve d’aussi peu d’honnêteté et d’humanité. Peut-être aurait-il été préférable que de vrais logements sociaux aient été construits sur ces terrains. Cela aurait rendu des familles heureuses car Chazay d’Azergues est un bien beau village et nous n’aurions pas aujourd’hui cette profonde amertume en nous. Il est dommage que des villages se ferment de plus en plus à la mixité sociale. 

J’espère que vous, Chazay d’Avenir, pourrez apporter de bonnes choses à Chazay d’Azergues et ainsi constituer une opposition forte.

Nicolas, juillet 2015.