À la fin juin 2014, il est devenu évident que les modifications de rythmes scolaires telles qu’imposées par la mairie pour la rentrée de septembre 2014 sont totalement en opposition avec l’objectif de la réforme. Celui-ci était de raccourcir les journées des enfants et de mieux répartir les enseignements dans la semaine.

Au final, les enfants auront cours le mercredi matin en plus des autres jours, et pourront finir le vendredi à 11h30. Cela rallonge les week-ends et rend la reprise du lundi plus difficile. De plus, ils n’auront plus la coupure du mercredi.

La réforme est passée de “une semaine de 4 jours et demi” à “un week-end de 2 jours et demi”.

Combien de temps faudra-t-il pour qu’on abandonne cette hérésie ?

Pourtant les choses n’avaient pas trop mal commencé, avec la réunion d’un comité de pilotage (enseignants – parents d’élèves – mairie) qui a travaillé sur l’organisation des rythmes scolaires depuis mai 2013. Nous avions conçu ensemble un PEDT (Projet Éducatif Territorial), validé par chaque acteur du comité de pilotage, et voté par le conseil municipal le 30 janvier 2014, qui prévoyait 2 séances d’activités péri-éducatives de 1h30 les mardis et vendredis de 15h à 16h30.

Cette organisation répondait à l’objectif initial de la réforme : alléger les journées trop chargées des enfants.

S’appuyant sur le décret Hamon, la mairie a décidé unilatéralement de regrouper les temps d’activités sur le vendredi après-midi lors du comité de pilotage du 16 mai 2014. Elle s’est adressée directement aux familles dès le 19 mai 2014, sans attendre les Conseils d’École, de façon erronée et incomplète.

Apprenant que les fédérations de parents d’élèves risquaient de ne pas valider ce choix en Conseil d’École, la mairie a court-circuité la représentativité des parents d’élèves élus et a consulté les familles sans proposer l’organisation en 2 journées allégées. Les réponses retournées ne peuvent être considérées comme valables.

Lors des Conseils d’École d’Élémentaire et Maternelle, la mairie a fait voter le vendredi comme jour pour les activités péri-éducatives, en précisant qu’elle ne rejoindrait pas certaines communes du Rhône qui s’opposent à la réforme car cette démarche est “illégale”.

Lors du Conseil Municipal du 20 juin, le Maire a annoncé que Chazay rejoint la fronde des opposants à la réforme des rythmes scolaires.

Cependant, il a malgré tout fait voter l’organisation qu’il préconise : classe le mercredi matin et activités variées le vendredi après-midi.

Pour financer ces activités, il assignera les intervenants actuels en musique et sport aux activités péri-éducatives, qui elles sont facultatives, n’entrent dans aucun programme scolaire et ne donnent lieu à aucune évaluation. Ces intervenants seront par conséquent beaucoup moins présents pendant les temps de classe.

Nous déplorons profondément le manque de concertation avec les associations locales, les enseignants et les parents d’élèves car cela va aboutir à une fatigue accrue des enfants et à des “activités péri-éducatives” bâclées dans leur choix, leur mise en place et leur organisation.

Pourquoi ne pas s’inspirer de l’exemple de communes comme Chasselay qui a mis en place la réforme dès cette année ? Les organisateurs ont eu de grosses difficultés mais ils les ont surmontées. Aujourd’hui, là-bas, toutes les parties sont satisfaites.

Combien de temps faudra-t-il pour constater l’échec et changer d’organisation ?

Emilie Deregnaucourt, 5/7/14